Strauss-Khan a été relaxé dans l’affaire du Carlton

Trois ans après l’éclatement de l’affaire Carlton,  Dominique Strauss-Khan connait enfin son sort ce vendredi. Après de longues années d’enquêtes et de procès, DSK qui a été accusé de proxénétisme aggravé.
Bernard Lemaire ne s’est pas pressé. Le président de l’audience du tribunal correctionnel de l’affaire Carlton à Lille a massacré trois ans d’instruction et 247 pages d’ordonnance de renvoi.
Avant de lire le jugement de 147 pages, il a précisé la « complexité du dossier », son « impact médiatique », avant de commencer la lecture en déclarant « le tribunal a souhaité expliquer publiquement son jugement ».  Pendant la lecture, les mots du jugement étaient de plus en plus sévères surtout pour les instructions avec , ses « imprécisions », ses absences « de vérification des faits », de « confrontations » et de « vérifications de déclarations mensongères », et on a également ressenti que le président était agacé devant un travail qu’il a jugé bâclé.
David Strauss-Khan se tient debout, bien droit à la barre. ll avait été accusé d’être le principal organisateur des rencontres avec les prostituées entre 2008 et 2011 à Lille, Paris, Bruxelles et Washington, des accusations qu’il a toujours. Il a toujours déclaré qu’il n’avait jamais été à l’origine des « parties fines » auxquelles il a participé, et n’avait jamais eu de doute sur les véritables natures des participantes.
Sauf que le procureur a estimé à l’audience que « cette affaire n’aurait jamais existé sans Dominique Strauss-Kahn », une affaire que Bernard Lemaire va détruire en 15 minutes. « Attendu qu’en tout état de cause la connaissance qu’à celui-ci (Dominique Strauss-Kahn NDLR) de leurs activités réelles (des prostituées NDLR) ne peut résulter, de leur tenu, de ses pratiques sexuelles ou de ses fonctions au FMI que de nombreux participants aux soirées où elles se trouvaient ont déclaré qu’ils ignoraient qu’elles se prostituaient » déclare le président. Il avait ensuite annoncé la relaxe de Dominique Strauss-Khan sans aucune surprise.

« Attendu qu’en tout état de cause la connaissance qu’a celui-ci [Dominique Strauss-Kahn, NDLR] de leurs activités réelles [des prostituées, NDLR] ne peut résulter, de leurs tenues, de ses pratiques sexuelles ou de ses fonctions au FMI que de nombreux participants aux soirées où elles se trouvaient ont déclaré qu’ils ignoraient qu’elles se prostituaient ;
Attendu que le prévenu qui se revendique libertin n’a pas procédé à leur recrutement ou au règlement de leur prestation ;
Attendu que quand bien même il aurait eu connaissance de leurs activités prostitutionnelles, ce qui n’est pas démontré au vu des développements précédents, force est de constater qu’il n’a fait que bénéficier comme d’autres des modalités de la prestation sexuelle de groupe à laquelle il participait et qui a été fourni par deux autres membres, Fabrice Pazskowski et David Roquet…/..
Attendu qu’on ne peut pas lui imputer un rôle d’instigateur au vu des 35 SMS qu’il a échangés sur une période de 22 mois et dont le style employé peut s’expliquer par les liens d’amitié très proches et incontestables qui les rattachent. Que sauf à leur donner une interprétation subjective, ils ne mettent pas en exergue une fourniture d’instruction, mais des commentaires sur des sorties et des questions-réponses sur la disponibilité du prévenu ;
Attendu qu’on ne peut pas plus lui reprocher une mise à disposition de ses locaux [pour la prostitution NDLR] dès lors qu’il y était présent, qu’il a participé à ces rencontres sexuelles…Qu’il a donc eu un comportement de client, non répréhensible par la loi pénale.
Attendu que l’infraction n’est caractérisée à l’égard d’aucune des prostituées…
Il convient d’entrer en voie de relaxe. »
La déclaration a fait sourire Dominique Strauss-Khan.

crédit photo: joeathialy/flickr.com

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