Comment Airbus compte-t-il contrer SpaceX?

Airbus aurait travaillé depuis 2010 sur des lanceurs réutilisables. Le groupe se serait procuré les deux étages principaux de la fusée. Son objectif est de minimiser le coût d’exploitation d’Ariane de moins de 30%.

 

Airbus avait bien réussi à garder secrète sa stratégie. Le groupe avait déployé une équipe d’ingénieurs pour travailler sur le projet, dans un hangar isolé, éloigné des installations. Ils devront concevoir un lanceur réutilisable afin de minimiser les coûts d’Ariane espace. L’équipe y travaille de plus de cinq ans et à l’abri des regards curieux.

 

D’après le plan du groupe, le bas du premier étage de la fusée doit avoir l’aspect d’un drone contenant le moteur de la fusée éteint une fois que celui-ci n’est plus fixé du réservoir. Le drone aura ses propres moteurs et pourrait transporter des passagers sur Terre. Il pourra atterrir sur une piste comme un avion.

 

Le projet est une revanche contre son concurrent SpaceX qui fait des essais grandeur nature. « Si nous sommes admiratifs de l’audace de SpaceX, nous ne pensons pas que c’est la bonne approche. Les moteurs d’une fusée sont faits pour la propulser vers l’espace pas pour la faire atterrir », avait déclaré le directeur des programmes lanceurs du futur d’Airbus Safran Launchers, Marc Valès. « Nous nous intéressons aux 80% de la partie du premier étage qui en vaut la peine: son moteur, et l’électronique qui permet de le piloter. Faire revenir le réservoir vide ne nous intéresse pas ! La tâche devient alors plus simple, car cela ne représente plus que 20% du volume à ramener », a ajouté Marc Prampolini, l’ingénieur d’Airbus qui a eu l’idée de ce concept.

 

La solution parait simple: les ingénieurs doivent installer dans le bas de l’étage principal des moteurs aéronautiques et d’ailettes. « Il nous faudra environ 2 tonnes d’ergols pour assurer ce retour contre une quarantaine de tonnes d’ergols pour Space X », explique l’ingénieur.

crédit photo: Charles Rincheval

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