Comment Amazon s’arrange-t-il avec les accidents de travail?

Deux rapports de la médecine du travail accusent les conditions de travail dans les entrepôts de la multinationale. Amazon est également soupçonné d’avoir fraudé afin de minimiser ses nombres d’accidents de travail. Une grève de la CGT aura lieu ce mardi 26 mai.

La multinationale affiche une image parfaite, avec plein d’innovation dont l’utilisation des drones pour la livraison, une application en phase test pour livrer les biens de consommation courante en un temps record. Le groupe n’a cessé d’innover jusqu’à réaliser un chiffre d’affaires de près de 89 milliards de dollars en 2014.

Cependant, malgré cette allure irréprochable, l’image du groupe n’est pas aussi parfaite que l’on ne veut le croire. En 2012, le fisc français avait demandé 252 milliards d’impôts non payés et des pénalités des années 2006 à 2010. La multinationale pratiquerait également des manoeuvres fiscales douteuses en installant son siège européen au Luxembourg pour payer moins d’impôts en France.

Mais le plus hallucinant se trouve dans les conditions de travail assez douteuses de ses employés. Le groupe américain a un dossier judiciaire très épais, et deux autres preuves viennent de s’y ajouter. D’après un document que Le Figaro s’est procuré, sur 901 salariés, 737 sont considérés comme « aptes », 175 sont jugés « aptes avec restriction médicale ». D’après le code de travail, les restrictions peuvent concerner certaines tâches comme le fait de soulever des charges trop lourdes, ou des situations de travail assez particulières comme le travail de nuit, le travail en hauteur… De ce fait, l’employeur est dans l’obligation de reconsidérer ses conclusions. Un autre rapport révèle que 20% des salariés ont des « troubles musculo-squelettiques » à cause de la pression de la productivité qui nécessite une succession de geste mobilisant certains muscles du corps.

Le groupe aurait également envoyé une fausse déclaration d’accident du travail à la Sécurité sociale. Un article du quotidien a évoqué une fraude répréhensible par la loi: la déclaration d’un accident de travail sur le site de Survey pour fausser les statistiques du groupe. «Jusqu’ici, l’Inspection du travail ne pouvait rien faire, car il était impossible de constater un manquement au Code du travail. Aucun PV ne pouvait être établi et la multinationale jouait là-dessus», avait déclaré au Figaro le conseiller régional PCF de Bourgogne, Patrick Blin, également président de la commission ad hoc. «Suivi et recommandation des aides économiques» de la région. «Depuis le début, les choses ne se sont pas améliorées, voire se sont détériorées. Maintenant, on va travailler pour faire bouger les choses». Un employé raconte que son médecin traitant l’avait diagnostiqué « une paralysie du sciatique palpité externe » et que c’était un accident de travail, mais les managers du groupe lui avait dit que cela n’était pas un accident de travail et que le médecin « n’y connaît rien ».

Crédit photo: Adbar/wikipedia

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