Portugal: le chômage encore élevé malgré la reprise

L’économie du Portugal a du mal à se relever par rapport à sa voisine espagnole. Malgré cela, la reprise est là, même si ce n’est pas encore perceptible. Après une décennie de très faible croissance et près de trois ans de récession, le PIB du pays a progressé de +0,4 % durant le premier trimestre 2015.

L’économie portugaise a connu une modeste croissance de +0,9 % en 2014, le gouvernement du centre droit envisage aussi une nette amélioration en 2015 avec +1,6 % de croissance. Sauf qu’après cinq mois au pouvoir, la petite hausse actuelle ne garantit pas sa conservation du pouvoir. Les dégâts que l’austérité avait provoqués sont très lourds. De plus, le premier ministre avait été accusé par la gauche d’être « plus Allemand que la chancelière Angela Merkel » à cause de « son obsession » sur la restriction des déficits budgétaires.

Les critiques de l’opposition n’ont pas suffi à stopper le chef de gouvernement de garder son discours optimiste: « plus que jamais, je suis convaincu que la voie que nous avons empruntée est celle qui doit être poursuivie ».

Le premier ministre ne peut que se féliciter d’avoir délibérer son pays de la « Troïka » honnie des Grecs – Union Européennes, Fonds monétaire internationale, et Banque Centrale européenne et d’avoir réussi le remboursement par anticipation au FMI de près d’un quart de sa dette d’une valeur de 29,6 milliards d’euros.

Le Portugal avait dû emprunter pas moins de 78 milliards d’euros en 2011 pour se relever, mais il peut actuellement se financer tout seul: « Il a regagné un accès au marché des capitaux même s’il reste dans le viseur des investisseurs », a constaté Jesus Castillo, économiste chez Natixis.

Le FMI a conclu, lundi 18 mai que le chemin accompli par Portugal et l’effort qui reste à fournir ont diminués et « pour la première fois depuis des décennies », le Portugal a un surplus de compte courant, mais au détriment d’une demande intérieure faible.

« La reprise n’a pas été assez forte pour ramener la production et l’emploi à leurs niveaux d’avant la crise », constate le Fonds.

L’économiste Thibault Mercier de BNP Paribas estime que l’économie du Portugal est « plus équilibrée » et « fondamentalement plus forte ». Tous les secteurs de l’économie ont minimisé leurs dépenses pour se dégager de l’endettement.

« Contrairement à ce que l’on pouvait craindre, la restauration de l’équilibre extérieur n’a pas été qu’une conséquence de la contraction de la demande intérieure et des importations. Les exportations (notamment de services) se sont révélées très dynamiques, malgré un environnement extérieur particulièrement défavorable,  » explique-t-il.

Portugal a prodigué des efforts draconiens dans la modération salariale, permettant aux entreprises qui ont survécu à la crise de mettre en place des relais de croissance hors de leur pays, hors de la zone euro. « Les entreprises portugaises, mal préparées à la mondialisation, sont désormais plus solides, plus compétitives », a dit M.Mercier.

Le crédit redémarre, et la confiance des consommateurs a rebondi, mais la baisse du chômage continue même si elle est au ralenti. « L’austérité s’est un peu réduite. Il y a eu des allégements d’impôts et l’investissement productif repart », accuse M.Castillo.

crédit photo: geralt/pixabay

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