Émeutes à Baltimore: couvre-feu, arrestation état d’urgence

Le décès d’un Noir de Baltimore abattu par la police a relancé des tensions dans la ville. Les violences issues de ces tensions ont contraint le gouverneur à impliquer la garde nationale.

 
Les rues des quartiers ouest de Baltimore sont considérées comme l’une des zones les plus dangereuses de la ville du Maryland. Elle est dominée par la criminalité. Lundi soir, ces rues étaient le théâtre de scènes de guérilla urbaine. Des manifestations de colères, renforcer par les membres des gangs ont fait face aux forces de l’ordre toute la journée. Le bilan était conséquent chez les policiers avec plus de 15 agents blessés à cause des jets de projectiles. Pas moins de 27 personnes ont été arrêtées. Les manifestants ont incendié certains bâtiments et détruit de voitures de police. D’autres ont pillé plusieurs boutiques.

 

Mais pourquoi cette flambée de colère?

 
Les amateurs de la série-télé américaine « The Wire » connaissent la réputation des rues de Baltimore. « The Wire » est une oeuvre ultraréaliste qui ramène le spectateur dans les réseaux de trafic des quartiers populaires de la ville. En plus des affaires de drogues, d’importantes tensions raciales règnent dans le quartier renforcer par les situations de pauvreté et la ségrégation sociale et géographique.

 
Sauf qu’actuellement, la fiction semble rattrapée, la fiction avec la mort d’un jeune Noir abattu par la police. Freddy Gray était tombé dans le coma suite à une arrestation musclée effectuée par la police le 19 avril dernier. Il avait les vertèbres cervicales briées, et a succombé à ses blessures une semaine passée dans le coma. Différentes enquêtes internes ont été ouvertes dans la police pour comprendre pourquoi une simple arrestation s’est transformée en une véritable bavure sans conclusion. La police a quand même admis que le jeune homme n’avait pas eu l’assistance médicale nécessaire.

 
Les premiers heurts entre les proches jeunes hommes et la police dimanche dernier à la veille des ses obsèques. Sa famille et ses proches avaient souhaité un enterrement en paix, alors que la police sur le qui-vive avait peur d’un possible débordement. 6 policiers et 5 journalistes ont été blessés durant ces affrontements. Les heurts se sont transformés en émeute , lundi.

 

Quelle est la réaction des pouvoirs publics?

 
Devant ces violences, Stephanie Rawling-Blake, la maire de la ville s’est montrée ferme: « Trop de gens ont passé des générations à bâtir cette ville pour qu’on la laisse détruire par des voyous ». Le gouverneur de l’État, Larry Hogan a ordonné l’état d’urgence et un couvre-feu dans la ville à partir de 22 heures jusqu’à 5 heures du matin pour ramener le calme. 5 500 gardes nationaux ont été déployé pour maîtriser la situation dans la ville de 620 00 habitant. Les écoles ont également été fermées suite à une décision mise en place par certains observateurs qui ont peur de favoriser les rassemblements de jeunes désoeuvrés. La municipalité crainte également que les « les gangs locaux aient noué un partenariat pour éliminer les policiers », profitant de ces émeutes pour régler leur compte avec les autorités.

 

Un contexte historique  très tendu

 
Cette vague de violence rappel le scénario de la mort de Michael Brown à Ferguson. Lui aussi était tué par un policier blanc pendant son interpellation. Sa mort a entraîné plusieurs jours d’émeutes dans cette ville du Missouri. Baltimore est également une ville dominée par les tensions raciales représentées par des violences urbaines sans cesse, sauf qu’elle est beaucoup plus grande.

 
Suite à l’assassinat de Martin Luther King en 1968, cette municipalité de Maryland était devenue le théâtre de plusieurs violences. À l’époque, le gouverneur avait déjà fait appel à la garde nationale pour maîtriser les manifestations des communautés noires. L’armée fédérale était obligée d’intervenir suite à la mort de six personnes et avec près de 700 blessés et l’incendie de milliers d’habitations.

crédit photo: A.BURTON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

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