Lomé: les électeurs rêvent de changement

« Il faut que ça change, le Togo n’est pas un royaume ». Un cuisiné de trente au chômage affirme n’avoir vu autre chose « que les Gnassingbé » au pouvoir depuis 48 ans. Il rêve d’alternance, comme beaucoup d’habitants à Lomé, mais il n’ose pas y croire.

 

À Lomé, les électeurs semblent être étranglés par la vie qui devient de plus en plus chère et où le chômage continue d’augmenter chaque année. Nombreux ceux qui souhaitent la victoire de Jean-Pierre Fabre, le chef de file de l’opposition et principal adverse de Faure Gnassingbé.

 

Le président sortant Faure Gnassingbé, dont le père Gnassigbé Éyadéma a pris le pouvoir en 1967 par un coup d’État, fait partie des favoris face à une opposition divisée.

 

« Aujourd’hui il y aura un changement au Togo! », semble croire Martin Assouvi, solide gaillard de 55 ans, qui patiente avec des amis dans la cour de l’école « La poudrière » à Pade Souza, un quartier populaire. « Il n’y a pas de travail! », lance un de ses amis. « Nous sommes tous des chômeurs », renchérit l’autre. « On souffre! », résume Martin. Anna Yambila, 60 ans affirme aussi avoir « vécu presque toute sa vie avec le régime ». Et sans verdict est clair: « le régime doit partir ».

 

Komlan, un cuisinier au chômage vit de la « débrouille » pour que ces cinq enfants puissent manger: « j’arrive parfois à gagner 1 500 francs (2,30 euros) en cuisinant chez des gens. Sinon je travaille au port, pour 800 francs par jour (1,20 euro). J’y arrive pas. Pour faire vivre la famille, il faut 150 000 francs (230 euros) par mois ».

 

 

Il vote à Kodjoviakopé, un quartier de petits maisons un peu délabré où habite Jean-Pierre Fabre. Dans ce quartier se trouvent souvent des barrages de pneus enflammés, quand les forces de sécurité tentent de réprimer des manifestations de l’opposition.

 

Cependant, les experts estiment que l’engouement qui envahit les quartiers populaires de Lomé ne se reflète pas l’ensemble du pays, où dans de nombreux villages reculés, les habitants préfèrent voter le régime en place que pour l’opposition dont ils se méfient.

 

À Kara, une petite ville pauvre de 420 km au nord de Lomé, la ville d’origine de la famille Gnassingbé, les habitants vénèrent l’enfant du pas malgré « les problèmes des travailleurs » qui sont souvent évoqués.

 

« J’ai voté Faure car je ne fais pas confiance à l’opposition. Je préfère qu’il continue ce qu’il a déjà entamé, notamment les grands travaux d’infrastructure », explique Meheza Essowe, un étudiant.

 

Dans plaines agricoles encore fertiles du centre du pays où les majeures parties des Togolais vivent de l’agriculture de subsistances, le régime avait auparavant dominé mais l’opposition semble avoir percé ces dernières années.

 

Kolani Douti, 30 ans affirme « avoir voté Faure » mais émet des critiques « Il faudrait qu’il s’occupe beaucoup plus de la situation des jeunes » au chômage. »

crédits photo: wikipédia

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