Afrique : des vaccins contre le paludisme pour les femmes enceintes

Le Paludisme et la malaria sont l’une des maladies qui font encore rages en Afrique, elles sont essentiellement dangereuses pour les enfants. Un chiffre très alarmant, 200 millions de personnes sont infectées et 600 000 en meurent chaque année.
Les sensibilisations sur l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide n’est qu’une mesure préventive, ce qui a tout au moins permis de diminuer le nombre de cas chaque année, en quatorze ans le nombre de décès a chuté de près de 50 %, mais c’est aussi l’une des maladies ou il n’y pas encore de vaccin efficace pour le contrer
« La malaria est causée par un parasite du nom de Plasmodium transmis lors des piqures de moustiques. Or le Plasmodium réussit très bien à échapper à la réponse immunitaire, et on tâtonne toujours pour comprendre les mécanismes qui permettraient de s’en débarrasser », selon l’explication de Blaise Genton, chef de centre à la Policlinique médicale universitaire de Lausanne (PMU).
Lors de la journée mondiale de lutte contre le paludisme, le samedi 25 avril, une étude a été publiée dans la revue The Lancet, la revue médicale confirme que le RTS,S du laboratoire de GlaxoSmithKline (GSK)  pourrait être le vaccin pour soigner le paludisme,  le vaccin démontre une certaine efficacité. D’autres vaccins sont encore en cours. Des chercheurs se consacrent surtout sur l’immunisation des femmes enceintes. Cette nouvelle approche vise surtout à immuniser la mère et le fœtus en même temps pour éviter des conséquences dramatiques. Le vaccin RTS,S sera testé au Bénin dès cette année, mais aussi dans d’autres pays où il y a encore des cas de paludisme.
Les femmes enceintes plus vulnérables
Les femmes enceintes ont moins de défense immunitaire, et s’expose aux formes sévères du paludisme, ce qui risque d’engendrer un avortement ou une naissance prématurée. Il est difficile de détecter un cas de paludisme lors d’une grossesse, surtout pour les femmes qui sont souvent exposées à cette maladie et que leurs corps sont plus immunisés contre cette infection. Le Docteur, en immunologie Adrian Luty, de l’institut français de recherche pour le développement (IRD) explique les dangers de ces infections « mais ces infections silencieuses sont loin d’être bénignes, car les cellules sanguines parasitées par le Plasmodium se fixent sur le placenta et perturbent les échanges entre le fœtus et la mère »
Les femmes atteintes de paludismes en cours de grossesse s’exposent à des risques sévères, tant pour la mère que pour l’enfant. Les parasites se fixent à la surface des cellules sanguines pour pouvoir se placer sur le placenta d’où son nom paludisme placentaire, la mère sera alors atteinte d’anémie tandis que l’enfant est né avec un faible poids. Ces nourrissons de faible poids sont plus vulnérables aux diverses infections, et peuvent mourir durant leur première année de vie.
Les mères atteintes de paludisme placentaire lors de leurs premières grossesses sont moins exposées pour la suivante, ce type de paludisme est le responsable de 20 000 décès maternels chaque année. « Apres leur première grossesse, elles développent naturellement des anticorps contre la protéine de fixation » explique Benoit Germain, chercheur à l’INSERM.
Adopter une nouvelle approche
Les chercheurs tentent de trouver une nouvelle approche, il s’agit de vacciner les jeunes filles avant leur première grossesse, ce qui produirait les mêmes effets de protection chez elle. Les deux chercheurs Adrian Luty de l’IRD et Benoit Gamain  de l’INSERM ont développé respectivement des vaccins le PlacMalVac et le PrimalVac, ces deux vaccins sont encore en stade d’essai.
Ces deux vaccins seront testés en Allemagne et au Bénin pour le PlacMalvac, tandis que le PrimalVac sera testé en France et au Burkina Faso. Ce n’est encore qu’un premier test, pour évaluer leur innocuité. La phase 2 ne pourrait débuter que l’année prochaine si la première est concluante.
L’OMS, sensibilisent les femmes enceintes de se protéger contre la malaria en utilisant des moustiquaires imprégnés d’insecticide et de prendre un traitement préventif « Mais outre le fait que les parasites développent des résistances à ces médicaments, de nombreuses femmes ne se rendent pas dans les dispensaires avant le second semestre de leur grossesse et ne reçoivent donc pas le traitement en temps voulu » d’après Adrian Luty.
Blaise Genton, explique « Je trouve intéressant de concevoir un vaccin destiné aux femmes enceintes, car cette population est particulièrement menacée par le paludisme, mais elle est en général exclue des essais cliniques de vaccins, en raison de la crainte d’effets secondaires pour le fœtus. Cela peut constituer une bonne stratégie en complément d’autres approches ».

crédits photo: wikipédia

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