L’Eurogroupe a dû mal sortir de l’impasse grecque

Les créanciers de la Grèce ont vraiment réussi à refroidir les attentes des médias et des Grèce. La réunion d’urgence de l’Eurogroupe ce 24 avril à Riga n’a abouti à aucun accord, alors que cette réunion est vraiment déterminante pour le sort de la Grèce.

 

« Il s’agissait juste de faire le point » a résumé Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe à la fin de la réunion qui avait regroupé 19 ministres des finances de la zone euro. « Nous avons perdu trop de temps, les discussions doivent s’accélérer. Il y a encore trop de différences sur le fonds entre le gouvernement grec et ses partenaires » a commenté le ministre des finances néerlandais.

 
L’on peut même conclure que la réunion s’est vraiment mal passée, d’après les propos de Pierre Moscovici.   » Sur certains fronts, nos positions se sont rapprochées, mais sur d’autres pas du tout. Il reste trop de désaccords pour un accord. Il faut accélérer les discussions, dès ce week-end « , a annoncé le commissaire européen à l’économie. « Nous n’avons pas le choix si nous voulons atteindre l’objectif d’une Grèce stable et ancrée dans la zone euro », a ajouté l’ex- premier ministre français des Finances, n’a pas également hésité à faire des commentaires sur la lenteur de réactivité « du camp grec ».

 
La réunion de Riga était la dernière chance pour la Grèce d’avoir un accord avant les fins avril des listes des réformes. Si les réformes sont validées, Athènes pourrait bénéficier des 7,2 milliards d’euros de prêts, la dernière tranche d’aide que la Grèce a besoin, dans le cadre du deuxième plan d’aide internationale de 130 milliards. Malgré cela, la Grèce peut encore avoir une lueur d’espoir, car il y aurait une réunion de l’Eurogroupe le 11 mai prochain à Bruxelles.

 
Si aucun accord n’est conclu au 1er juillet sur la liste des réformes, le plan d’aide n’aura plus raison d’être. Rappelons-le, le plan d’aide a déjà été prolongé deux fois, fin 2014 à fin février 2015 et de fin février 2015 à fin juin 2015. Il est possible que le plan d’aide ne sera plus renouvelé une troisième fois. Dans ce cas, la Grèce ne pourrait pas bénéficier de la somme de 7,2 milliards d’euros.

 
Beaucoup d’Européens estiment qu’ils manquent de chiffres, ils n’ont pas vraiment une idée précise de la situation budgétaire grecque pour donner une opinion pertinente sur la possibilité de financer telle ou telle réforme. Les Grecs réfutent catégoriquement cette présentation des choses. « Au fil des réunions, ils nous demandent des détails supplémentaires qu’on leur apporte, mais cela ne leur suffit jamais  » a accusée une source grecque, ce vendredi à Riga.

 
Plusieurs créanciers l’admettent, les discussions entre les Grecs et le « groupe de Bruxelles », la nouvelle « Troïka » deviennent plus constructives pour ménager les susceptibilités d’Athènes. « Nous avons maintenant des interlocuteurs qui viennent directement des services du premier ministre ou du ministère des Finances « , explique une source européenne.

 
Mais « ce n’est pas suffisant » ajoute-t-elle. « le processus de discussion est lourd, et du coup, un peu lent ». Les Grecs ont demandé à ce que les techniciens qui représentent les intérêts des créanciers ne se présentent pas à Athènes. Les réunions doivent avoir lieu soit à Bruxelles, soit à Paris comme c’était le cas cette semaine. S’ils en ont besoin, ils peuvent faire des demandes des chiffres  à  Athènes.

 
Les Européens pensent que ce processus de négociation mérite d’être revisité dans les prochains jours.
Mais le vrai blocus actuellement, c’est surtout le « procès » que les vrais problèmes de fonds, sur les réformes à mettre en place en Grèce. Pour la Grèce, les mesures sont de plus en plus poussées surtout sur les rentrées fiscales pour le financement du programme « antiaustérité ». Alors, les créanciers souhaitent mettre en place une mesure d’économie budgétaire et mettent en doute les scénarios de croissance pour 2014, considérés comme « beaucoup trop optimistes ».

 
En attendant, la situation financière de la Grèce ne semble pas s’arranger et devient même très inquiétante. Beaucoup d’Européens ont peur que la croissance repasse à zéro en 2015. Athènes est encore sous l’énorme dette de 700 millions d’euros au FMI, une dette qu’elle doit rembourser avant le 12 mai. Tout le monde admet quand même que le délai vis-à-vis de la BCE en juillet est insurmontable pour un pays qui a déjà du mal a survivre sans aucune aide.

crédits photo: wikipédia

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