États-Unis : libération controversée du sergent Bergdhal

Le sergent américain Bowe Bergdahl était retenu prisonnier depuis 5 ans par les talibans en Afghanistan. Cette capture aurait eu lieu après la désertion du soldat de sa base militaire dans laquelle il était en poste. Bergdahl a été libéré le 31 mai dans l’est du pays à l’issue d’un échange contre cinq Afghans emprisonnés à Guantanamo, échange qui ne manque pas de déferler les passions aux Etats-Unis.

La libération de Bowe Bergdahl a donc engendré une pluie de critiques venue des rangs républicains qui s’est immédiatement abattue sur la présidence au moment du retour du sergent.

Rappelons que le fait qu’Obama ait accepté de négocier la libération d’un otage en soit n’est pas quelque chose de courant dans les relations internationales des Etats-Unis, qui plus est quand ce dernier est considéré comme un déserteur.

La justice militaire est intransigeante sur ce sujet. L’ex-otage des talibans a été inculpé mercredi 25 mars de désertion et de mauvaise conduite devant l’ennemi en mettant en danger la sécurité d’un commandement, d’une unité ou d’un lieu, a précisé le colonel Daniel King dans une brève déclaration depuis Fort Bragg.

De plus, la désertion est un acte sévèrement puni par la justice américaine puisque Bowe Bergdahl encourt la prison à vie.

Mais d’où vient cette polémique autour de sa libération ? Tout d’abord, il est accusé d’avoir quitter son poste d’observation dans l’optique de déserter le camp, et en essayant de la retrouver, plusieurs militaires ont perdu la vie.

C’est donc l’ancienne unité toute entière de Bergdahl qui le rejette. Certains membres ont critiqué son « acte égoïste » (sa prétendue désertion) et créé un groupe Facebook « Bowe Bergdahl is not a hero ».

Au-delà de cette polémique, c’est la libération de 5 Afghans qui est inacceptable pour l’opposition politique. Et pour cause ! Les cinq prisonniers libérés sont Mohammad Fazl, Norullah Noori, Mohammed Nabi, Khairullah Khairkhwa et Abdul Haq Wasiq. Selon une source talibane, ces hommes étaient de hauts responsables influents du régime taliban (1996-2001), chassés du pouvoir lors de l’invasion de l’Afghanistan par les Américains après les attaques du 11-Septembre.

Libérer ces prisonniers est pour l’opposition une manière de « mettre le doigt dans l’engrenage » : « Venons-nous de fixer le prix des soldats américains ? Le message que cela envoie aux terroristes est-il que si vous capturez un soldat américain, vous pouvez l’échanger contre cinq terroristes ? », a fustigé le sénateur républicain du Texas Ted Cruz.

À en juger par ces différents faits, il est légitime de se demander si l’affaire « Bowe Bergdahl » ne va pas servir de punition exemplaire par l’opposition afin de montrer au président Obama que les Etats-Unis ne négocient pas avec les Talibans.

C’est situation fort délicate à gérer pour le président qui à l’annonce la libération de Bowe Bergdahl, avait reçu à la Maison Blanche, les deux parents du soldat en tenant une conférence de presse à leurs côtés.

Crédits Photos : United States Army

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