Augusto Cicaré, un autodidacte qui fabrique des hélicoptères

Il n’a pas fait de grandes études, mais sa passion pour l’aéronef l’avait poussé à apprendre sur le tas à concevoir une vingtaine d’hélicoptères légers tous les ans, en Argentine.

C’est à l’âge de 18 ans qu’il a créé son premier hélicoptère. Il a employé pour le fuselage, l’armature métallique d’un ancien lit de sa mère. L’appareil décollait à  peine, mais en persistant, trois ans plus tard, en 1958, le CICARE CH-1 devenait le premier hélicoptère fabriqué en Amérique latine.

Augusto Cicaré, âgé de 77 ans, travaille aujourd’hui avec ses fils et près de trente ouvriers et ingénieurs. Son usine est située à Saladillo, à 200 km de Buenos Aires, dans un champ de soja. Actuellement, il exporte vers le Moyen-Orient, l’Europe et l’Australie.

Il n’a jamais voulu travailler dans les grands groupes aéronautiques du monde, car il préférait sa petite ville de 20 000 habitants logés en plein cœur des plaines fertiles de la pampa. Plusieurs experts d’Eurocopter et de Robinso lui ont rendu visite pour comprendre le génie de l’Argentin.

L’aventure a commencé dans le garage de la famille, là où son père et son oncle travaillaient pour réparer les tracteurs des fermiers. « J’ai exaucé le rêve que j’avais depuis l’âge de quatre ans », explique-t-il à l’AFP Augusto Cicaré, fils d’immigrés italiens de Mascheratta Dell’epifania, près de Modène. « À 11 ans, j’ai fabriqué mon premier moteur (diesel) pour faire fonctionner le lave-linge de ma mère », continue-t-il avec un large sourire.

Il n’a jamais aimé l’école. Il n’y allait pas pour lire la revue « Mecanica Popular » dans le garage familial. Il n’a plus voulu étudier à l’âge de 12 ans et s’est consacré aux moteurs à quatre temps et aux boites de vitesse.

Soixante-cinq ans plus tard, il participait à des salons internationaux en Suisse, en Italie, aux États-Unis et au Canada.

La visite de Fangio est l’un des évènements qui l’ont beaucoup marqué. En effet, l’ex-champion de Formule 1, Juan Manuel Fangio lui a rendu visite pour lui commander un moteur de quatre cylindres en V. sauf que la voiture n’a jamais existé et que les moteurs servaient à d’autres débouchés.

« Personne ne fabrique ça en Espagne. C’est comme piloter une moto, mais en l’air », a remarqué Arturo Hernandez, un basque espagnol de 44 ans, engagé comme pilote d’essai. Le pilote le décrit comme ces appareils que les chefs d’entreprises souhaitent pour éviter les embouteillages ou que les agriculteurs utiliseraient pour les fumigations ou la sécurité civile pour les opérations de secours.

Malheureusement, le groupe Cicaré Helicopteros ne peut vendre que 18 à 24 hélicoptères par ans à cause d’un manque de moyens financiers, malgré une demande bien supérieure. Alfonso Cicaré, le fils ainé d’Augusto Cicaré pense que son père a été victimes d’espionnage industriel en acceptant la visite des étrangers. En plus des hélicoptères vendus à près de 180 000 euros, le groupe crée également des simulateurs de vols. À 77 ans, Augusto Cicaré ne pense pas prendre sa retraite, alors que ses fils sont déjà prêts pour poursuivre son œuvre. L’octogénaire continue de passer ses journées dans son usine en se projetant dans ses futures innovations.

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