Sida : Un traitement préventif qui marche

Il est désormais possible de minimiser les risques de contamination par le virus, même en ayant un rapport sexuel non protégé avec des personnes infectées. C’est le résultat d’une recherche effectuée par les spécialistes et qui sera confirmée par le professeur Jean-Michel Molina pendant la CROI (Conférence on Retroviruses And Opportunistic Infections) qui se déroule actuellement à Seattle aux États-Unis.
Pour comprendre cette annonce, il est important de se rappeler de l’essai Ipergay qui a été mis en place par l’ANRS (Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites) en 2012, et ce, pour 4 ans. À l’origine, l’essai était une étude en « double aveugle », puisque la moitié des patients ont reçu un placebo. Cependant, le traitement avec le placebo a été stoppé.
Pendant la visite de la ministre de la Santé à l’hôpital Saint-Louis le 1er décembre, le professeur Molina, un des acteurs importants de l’essai avait détaillé les résultats probants de l’utilisation de Truvada en préventif.

C’est même le Conseil national du sida qui avait demandé cette stratégie de prévention. L’OMS estime également que la Truvada est un « moyen complémentaire de prévention de l’infection par le VIH dans la population homosexuelle masculine ».  Cependant, ces résultats ne sont pas unanimes. En effet, certains spécialistes ne cachent pas leur inquiétude, concernant un possible changement de comportement, d’un relâchement ou d’une majoration de prises de risques.

L’association PrEP a également fait savoir leur revendication dans un communiqué : « Dès le 25 février, il reviendra aux autorités de santé de mettre à disposition la PrEP dans les plus brefs délais afin de disposer d’un nouveau moyen efficace d’enrayer l’épidémie ». Les personnes qui pourraient s’intéresser à cette mesure préventive, ce sont les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, les migrants, les bisexuels, les transsexuels, les libertins et ce qui travaille dans le sexe et qui n’utilisent pas automatiquement des préservatifs.
L’on peut également ajouter les volontaires Ipergay séronégatifs qui emploient déjà des antirétroviraux en préventif et devraient continuer de le faire. Rappelons-le, près de 7 000 nouveaux cas de sida ont été recensés en France et donc 40 % se trouvent dans la communauté gay. Selon les informations de l’association PrEp, le plus grand nombre de contaminations « se retrouve au sein des personnes pour qui le dépistage régulier n’est pas une option, qui n’utilisent pas les préservatifs de façon régulière et qui n’ont jamais entendu parler d’alternative pour leur protection ». De ce fait, il est important de plaider la reconnaissance du traitement préventif, vu que la commercialisation du Truvada n’est pas encore autorisée.

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