Aufeminin va céder Smart AdServer pour 35 millions d’euros

Smart AdServer veut devenir une alternative publicitaire à Google. Le rachat par le fonds chinois Cathay Capital se fera par l’intermédiaire d’un LBO.
Depuis le mois de décembre, Axel Springer avait affirmé son souhait de vendre Smart AdServer. C’est ce qui va arriver. En effet, selon les informations, le fonds d’investissement franco-chinois, Cathay Capital va investir près de 35 à 40 millions d’euros pour le rachat de la plateforme publicitaire crée en 2001 par Aufeminin.com.

Le profil de l’acquéreur est assez surprenant, vu qu’on ne le connait pas vraiment dans le monde de l’ad-tech et qu’il s’interdit toute synergie industrielle. « Implanté à Paris, Shanghai et New York, Cathay Capital va vraiment nous permettre d’impulser un déploiement international de notre offre, notamment aux États-Unis où nos ambitions sont très fortes », déclare le directeur général de Smart AdServer, Cyrille Geffray. « Une volonté de Cathay Capital », ajoute-t-il.

Le rachat se fera également par LBO ou par endettement pour être plus précis. Ce qui laisse entendre un ralentissement des investissements chez Smart AdServer. Mais Cyrille Geffray a rassuré qu’« au contraire, nous gagnons en marge de manœuvre vis-à-vis de l’époque où nous étions chapeautés par une société cotée et avions comme référent un niveau d’Ebitda compris entre 25 et 30 % ». La société totalise déjà près de 13,1 millions de chiffres d’affaires en 2013, avec 28 % d’Ebitda.
Elle a une bonne croissance, mais le marché est peu probant concernant son activité. Aucun acteur industriel ne s’est d’ailleurs intéressé par son profil. Toujours placé sur l’ad-serving, on l’accuse souvent de prendre le virage du programmatique un peu tard en 2013. « C’est peut-être vrai pour le desktop, mais c’est loin d’être le cas pour le mobile où notre solution Smart RTB + nous permet de prendre des budgets à des acteurs moins au point comme Appnexus ou MoPub en France notamment,» défend Cyrille Geffray.
« Les barrières à l’entrée sur le programmatique mobile sont presque aussi fortes qu’en matière d’ad-serving [changer d’ad-server est en effet un processus assez lourd, NLDR]. Le taux de rétention d’un acteur compétent est très fort, une fois son SDK installé chez le client », ajoute avec enthousiaste Cyrille Geffray. Actuellement, la programmatique touche 50 % de son chiffre d’affaires contre moins de 2 % il y a un an. Et entre 25 et 30 % de ces revenus proviennent du mobile.
Smart AdServer a une autre ambition. S’est installée aux Etats-Unis en mars 2014, la société espère y faire une place derrière Google.
“Les acteurs historiques comme AdTech sont dans une stratégie défensive alors que les Rubicon et Pubmatic ne gèrent pas encore les ventes directes. À nous de nous présenter comme une alternative full-stack à Google”, explique-t-il, tout en admettant que pour le moment, la société fait moins de 5 % de chiffre d’affaires outre-Atlantique. Il devrait, de ce fait, affronter Appnexus qui depuis son alliance avec WPP travaille désormais l’ad-Server Open Ad Stream qui propose une solution de couverture de l’ad-Serving classique sur le marché actuel. La bataille sera rude

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