« La Grèce réussira-t-elle à obtenir un accord avec la zone euro ?

La Grèce tentera le tout pour le tout pour bénéficier d’un accord avec l’Eurogroupe concernant le nouveau programme de financement. C’est de cette réunion que dépendra l’avenir économique de la Grèce, qui tenterait ce lundi de décrocher un accord. Cet accord lui permettra de mettre fin l’austérité. La réunion débutera à 14 h et c’est de cette réunion que se décidera l’avenir du pays dans la zone euro.

Il est évident que les débats ne seront pas faciles. D’un côté, la zone euro dirigée par l’Allemangne qui est convaincue que l’aide de près 240 milliards d’euros octroyés depuis 2010 est plus que suffisants et de l’autre, la Grèce, fatiguée des récessions et des humiliations de ses créanciers lui obligeant à mettre en place des réformes sociales douloureuses.

L’enjeu de cette réunion pour la Grèce est capital. Il doit trouver un moyen de financement à court terme vu que son programme d’aide se terminera le 28 février, et ce, avant d’envisager une meilleure solution pour minimiser les charges sa dette d’une valeur de 315 milliards d’euros, environ 175 % du PIB.

Si aucun accord n’est conclu, le pays risquerait à court d’argent et il pourrait être expulsé de la zone euro. Sans compter que cette situation risquerait fortement de menacer de la monnaie elle-même.

« Je m’attends à des négociations difficiles », annonce le premier ministre grec, Alexis Tsipras, sur le magazine allemand « Stern ». Toutefois, il se dit « tout à fait confiant ».

« Au lieu d’argent, nous avons besoin de temps pour mettre en oeuvre notre plan de réformes. Je vous le promets : après cela, la Grèce sera un autre pays dans six mois », ajoute-t-il.

Cependant, la tension entre Athènes et Bruxelles est à son plus haut point. D’après les sources, Tsipras a demandé à joindre la Commission européenne Jean-Claude Juncker par téléphone. Malgré le fait qu’aucune révélation n’a été faite sur cette conversation, « le président Juncker a fait une nouvelle tentative dans une situation extrêmement difficile », selon un responsable européen à l’AFP.

Le ministre de la Finance, Yanis Varoufakis a déclaré « qu’un accord peut-être trouvé à la dernière minute voir après la dernière minute » ce qui signifie que les négociations pourront se poursuivre très tard dans la nuit.

Des réunions préparatoires se sont déroulées durant le week-end à Bruxelles pour déterminer les positions de chacun et déceler les points de convergence.

Un rapport de ces réunions devrait être remis à l’Eurogroupe, lundi, cependant beaucoup de points de désaccord subsistent encore, dont les privatisations.

Quelle est la position de la zone euro ?

Jeroen Dijsselbloem, le patron de la zone euro est assez pessimiste concernant la possibilité d’un accord suite à une première réunion désastreuse la semaine dernière.

« Un accord est impératif. Bien que le gouvernement grec ait commencé à assouplir sa position, des concessions importantes restent nécessaires pour aboutir à un accord », estiment les analystes de BNP Paribas.

Athènes souhaite toujours mettre en place un accord relais suivi d’un programme de reforme assoupli, afin les que les mesures considérées comme antisociatiales seraient remplacées par des nouvelles. Jean-Claude Juncker, lui estime qu’une mesure « antisociale » devrait être remplacée par une autre « ayant un impact budgétaire équivalent ».

Les Européens quant à eux souhaitent l’extension du plan d’aide en cours pour avoir un contrôle sur les réformes. L’extension du plan d’aide est « une option » estime un responsable européen à l’AFP à condition de « convaincre les capitales les plus inflexibles « . Devant la situation actuelle, une réunion des ministres des Finances de la zone euro ne suffirait pas à combler le fossé qui existe entre Athènes et ses partenaires. « Il n’est pas certain qu’il y aura un accord lundi », estime dimanche le gouvernement. « C’est une course d’endurance menée de manière prudente et respectueuse de la démocratie».

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