Un prêtre de St-Etienne sous le coup de 12.000 euros d’amende

Le père Gérard Riffard, en hébergeant des sans-abris dans un local de la paroisse, a enfreint un arrêté municipal. Le tribunal de police de Saint-Etienne décidera le 10 Septembre prochain des suites de cette affaire. Le prêtre stéphanois, âgé de 70 ans, est venu en aide à des personnes qui étaient en attente d’être logées : il a mis à disposition un local de la paroisse de l’Église Sainte-Claire, dans le quartier de Montreynaud, une zone de sécurité prioritaire.

Le prêtre est président depuis 2010 d’une association d’accueil de d’accompagnement des personnes sans toit. Cette association s’appelle Anticyclone, ce qui s’explique « par référence aux hautes pressions qui chassent les nuages et font rentrer le soleil, même quand il fait froid » a déclaré l’ecclésiastique, lors de son audience au tribunal. Il rajoute qu’« au départ, il y a environ sept ans, j’ai commencé à héberger des personnes sans toit dans mon appartement ». Leur nombre a atteint environ 40 personnes, principalement des immigrés africains venant de République Démocratique du Congo.

André Merle, représentant du parquet, a demandé une condamnation pour avoir enfreint un arrêté municipal datant de février 2013 qui interdisait l’hébergement dans ce bâtiment car il ne respectait pas certaines normes de sécurité, nécessaires à l’accueil du public. Le représentant a demandé 239 amendes de 50 euros à l’encontre du prêtre, soit un peu moins de 12 000 euros. L’ecclésiastique met cependant en lumière le fait que « l’Etat est tenu par la loi d’héberger les demandeurs d’asile, ce qu’il ne fait pas complètement ». Il explique également qu’il est dans « l’obligation à ne pas laisser les gens dehors, en situation de danger ». Selon lui, « On fait ce qu’on peut avec les moyens qui sont les nôtres, mais on ne tient pas à répondre à toutes les normes de l’hébergement car nous ne sommes pas une structure de cette nature ». Il a d’ailleurs reçu le soutien de l’évêque de Saint-Étienne, Monseigneur Dominique Lebrun.

Enfin, l’ancien curé s’est élevé contre l’argument selon lequel aider les sans-abris serait « un appel d’air en faveur du puits sans fond qu’est l’immigration clandestine ». Son avocate, Madame Chantal Jullien a demandé la relaxe de son client. L’argument présenté est « la réfutation du caractère d’établissement recevant du public et de ses normes pour le local où logent les adhérents de l’association ». Elle a en outre souligné « l’état de nécessité et la protection contre un danger imminent, face à la non-application du droit fondamental que constitue l’hébergement d’urgence ». Il y aurait donc une forme de supériorité de ce droit à l’hébergement d’urgence par rapport aux questions de normes mises en avant. Le prêtre a également rappelé que la loi et ses rouages ne peuvent pas, selon lui, prendre le dessus sur le « respect de l’Homme ». A-t-il été entendu ? Nous le saurons le 10 septembre prochain, le tribunal de police de Saint-Etienne ayant mis son jugement en délibéré jusqu’à cette date.

Crédits photo : Remy Perrin

 

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