Un clip de rap montre des jeunes armés d’une banlieue lilloise

Des armes, de la drogue, des liasses de billet, voilà ce que le public peut voir dans le dernier clip du rappeur français Maestro, tourné dans le quartier populaire des Moulins à Lille. La vidéo, mise en ligne, a déjà été vu des milliers de fois.

La mode du rap hardcore, aussi pittoresque qu’elle soit, n’est pas morte. Ces pseudo-gangters, inspirés par les Tupac, 50 cent et les autres patrons du « rap gangta »  né aux Etats-Unis, pensent représenter au travers de leurs chansons la vie dans les ghettos français. Bien évidemment, ce n’est pas le cas et tout le monde le sait.

Une cinquantaine de jeune possédant des armes, oui, cela existe bel et bien. Mestro se sent malin, croît être un mec bling-bling, un véritable flingueur, qui traîne avec ses voyous comme ils les appellent. Il donne une image péjorative et incite à la violence en revendiquant le caractère dangereux de sa banlieue. Des tirs dans la campagne, de ce qui serait selon toute vraisemblance une kalachnikov, ont aussi été filmés. Pour l’heure, aucune suite judiciaire n’a été donnée à ce clip et à sa réalisation.

Le morceau en soit, est bien loin de la poésie d’Oxmo Puccino, qui dans son album « l’amour est mort » parle de la banlieue avec beaucoup plus de finesse, ou du second degré d’Orelsan et à l’opposé des rappeurs à minettes comme Nekfeu. Bref, même si Maestro fait parler de lui avec son clip, sa musique est vraiment médiocre. Quant au message et au texte, qui sont essentiels dans le rap français, surtout avec une instrumentale aussi pourrie, c’est comme si il n’y en avait pas. On pourrait même dire que c’est débile. Les banlieues françaises ont déjà une image trop tumultueuse chez le français moyen, alors pourquoi en faire autant pour leur donner raison ? Maestro doit trouver que le FN n’a pas encore assez d’adhérents.

Une absence totale de flow, des gros mots en pagaille, Maestro réunit tous les rudiments du bon vieux rap hardcore. Un style de musique, si cela peut être considéré comme tel, qui séduit malheureusement encore beaucoup de jeune en France. Pourtant, les banlieues offrent un large choix d’artistes originaux et talentueux et qui mériteraient de faire l’actu. Maestro, lui, ne devrait même pas faire l’objet d’un seul clic. Mais bon, il faut connaître le pire avant d’apprécier le meilleur.

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