République exemplaire : les secrets d’Etat sont-ils au dessus des lois ?

Les secrets d’Etat et les enjeux industriels statégiques sont-ils de facto en dehors de l’état de droit ? Dans ces affaires, est-il logique de faire griller des fusibles au risque de passer à côté de vérités qui dérangent ?

On le sait, dans ce qu’il est désormais convenu d’appeler « l’affaire Areva », les soupçons de l’équipe dirigeante du géant minier ont été étayés par de nombreuses sources.

Le Monde révèle effectivement que l’enquête de la Cour des comptes a conduit à un signalement au parquet financier, ce qui signifie que les Sages de la rue de Cambon ont découvert des éléments de nature à faire peser de sérieux doutes sur les conditions de rachat de la société UraMin par Areva.

Dès lors, on ne peut que considérer que toutes les mesures mises en œuvres par le management d’Areva pour faire la lumière sur le rôle de sa présidente dans cette potentielle histoire d’escroquerie étaient légitimes.

En missionnant Mario Brero, expert reconnu en matière d’investigations financières, les dirigeants d’Areva ont réagi comme ils le devaient, et le parquet n’a d’ailleurs rien retenu à leur encontre. On imagine aisément les reproches (et les éventuelles poursuites) qui auraient pu les toucher s’ils n’avaient rien fait, à l’instar des supérieurs de Jérôme Kerviel qui ont eu à répondre de leur inaction.

Aussi, il est troublant de constater que le parquet a choisi de poursuivre le seul Mario Brero, extérieur à l’affaire, et dont la seule faute et d’avoir commencé à enquêter sur l’affaire bien avant que le parquet financier ne s’y résolve.

De plus, en retenant comme seule charge l’atteinte au secret professionnel, la justice envoie un signal troublant en terme de transparence dans les grandes entreprises : c’est désormais celui qui dénoncera un scandale qui sera inquiété…

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