Aide au développement : le changement c’est maintenant ?!

Après le tumulte du remaniement ministériel, la réalité du pouvoir socialiste refait surface. Si la nomination de Manuel Valls a un temps contenter les médias, les changements tant attendus restent en suspens. Alors que Jean-Louis Vielaius (Coordination Sud) et Christian Reboul (Oxfam France) dénoncent les trahisons du pouvoir sur le dossier de l’aide au développement ; Jean-Yves Ollivier, l’ancien émissaire de Jacques Chirac et François Mitterrand en Afrique, nuance leurs interprétations alarmistes…

Le Figaro, n’a pas manqué de souligner les contradictions de François Hollande sur sa politique étrangère au lendemain du remaniement. Alors qu’il vient de faire passer le commerce extérieur au Quai d’Orsay, « l’aide aux pays pauvres, a perdu son ministre en la personne de Pascal Canfin et l’aide publique a reculé de 9,3 % en 2013 ». Des réalités, une fois encore, bien loin des promesses de la campagne de 2012.

Mais la presse qui revendique la « liberté de blâmer », n’est pas la seule à critiquer ouvertement nos dirigeants. Christian Reboul, d’Oxfam France souligne par exemple que «l’OCDE vient contredire directement les autorités françaises qui, au moment du vote des budgets ne cessent d’argumenter sur la stabilisation des crédits APD. Or, ils sont en baisse, et très fortement, entraînant des répercussions pour les populations les plus vulnérables». Jean-Louis Vielajus, président de Coordination Sud poursuit, « nous sommes très inquiets, car des rumeurs concordantes annoncent une baisse de 200 millions d’euros du budget des dons et subventions pour 2015 ».

Pourtant, le spécialiste des questions africaines, Jean-Yves Ollivier, auteur du livre Ni vu, ni connu, tempère leurs inquiétudes… En effet, pour lui, comme pour Michel Griffon du CNRS, « plus que l’aide au développement, ce sont les investisseurs privés qui expliquent la croissance ». Alors qu’il dénonce régulièrement les « rentiers de l’humanitaire » qui « bénéficient en réalité de leurs médiations pour gagner de l’argent facile », l’ami des chefs d’Etat applaudit des deux mains lorsque François Hollande se détourne d’un système de clientéliste…

crédit photo: boxdessins.over-blog.com/

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