Michael Rockefeller a été tué et dévoré par des cannibales en Nouvelle-Guinée

Dans son dernier livre « Savage Harvest: A Tale of Cannibals, Colonialism, and Michael Rockefeller’s Tragic Quest for Primitive Art », le journaliste Carl Hoffman affirme que Michael Rockefeller a été dévoré par des cannibales qui auraient gardé ses os en souvenirs.

Le fils cadet de l’ancien vice-président des Etats-Unis, Nelson Rockefeller, a disparu le 18 novembre 1961 lors d’une expédition en Nouvelle-Guinée néerlandaise. Il a été déclaré mort en 1964. Depuis des décennies, il était admis que le jeune homme s’était noyé alors que son catamaran avait chaviré au cœur du territoire de la tribu Asmat.

Des recherches aériennes, maritimes et terrestres n’avaient pas permis de retrouver son corps. Sa mystérieuse disparition avait fait la une de tous les journaux et laissée des millions d’américains perplexes.

Le journaliste Carl Hoffman a décidé en 2012 de marcher dans les pas du jeune photographe. Dans un extrait de son dernier livre « Savage Harvest: A Tale of Cannibals, Colonialism, and Michael Rockefeller’s Tragic Quest for Primitive Art », publié dans l’édition de Mars du Magazine Smithsonian, Hoffman raconte comment son traducteur lui apprît ce qui était arrivé à Michael.

« Les villageois d’Otsjanep l’ont tué. Tout le monde le sait », affirma Amater, le traducteur d’Hoffman.

Le journaliste se mit à la recherche d’un prêtre catholique allemand répondant au nom d’Hubertus Von Peij. Il savait que l’homme de foi travaillait dans un village voisin à cette période. Il retrouva l’homme âgé de 84 ans dans la ville de Tilburg (Pays-Bas) en 2012.

L’histoire que l’homme de dieu lui raconta est surprenante. Elle lui avait été narré peu de temps après la disparition de Michael par quatre hommes, dont deux originaire d’Otsjanep.

Von Peij lui décrivit comment un groupe de 50 hommes revenait à Otsjanep après être allé chercher des matériaux de construction au village d’une tribu voisine. Ils descendaient la rivière lorsqu’ils aperçurent dans l’eau ce qu’ils pensèrent être un crocodile.

Le crocodile, cependant, s’avéra être un homme blanc, un « tuan » en langue Asmat, nageant sur le dos.

« Michael leur fit des signes de la main », indiqua le prêtre.

Il ne savait pas qu’il venait de tomber sur des chasseurs de tête, des cannibales, n’y que les blancs avait massacré une partie de leur tribu quatre ans plus tôt.

Le chef de la tribu Pirien voulu le sauver. Deux membres éminents du village s’y opposèrent en représailles au massacre perpétré par l’armée hollandaise.

Pep transperça le jeune homme dans les côtes avec sa lance pendant qu’ils essayaient de le faire monter dans leur embarcation.

Il ne mourut pas de cette blessure. L’un des hommes révéla au prêtre qu’ils l’emmenèrent jusqu’à une crique isolée. Ils tuèrent Michael, le décapitèrent et firent un grand feu.

Le prêtre voulait des détails. Il voulait savoir à quoi ressemblait la victime. Est-ce qu’elle portait des lunettes ? Comment étaient ses vêtements ? Toutes les réponses que lui fournirent les quatre hommes correspondaient à ce qu’il savait de Michael et de sa disparition.

« Où est sa tête ? » demanda le prêtre.

Les hommes répondirent qu’elle était pendue dans la maison de Fin. Les autres chefs se sont partagés ses fémurs, tibias et autres os.

Hoffman écrit dans son livre « dans la liste de ceux qui se sont partagés les restes de Michael , on dénombre un total de 15 personnes ».

Von Peij écrivit une note à ses supérieurs. Il indiqua qu’il était probable que le fils du Vice-président des Etats-Unis d’Amérique soit mort dans d’horribles circonstances.

Au même moment, un autre prêtre, Cornelius van Kessel, eu vent des mêmes rumeurs. Il décida d’interroger une poignée de villageois et rédigea un long rapport au gouvernement régional commençant par : « Après ma conversation avec Père von Peij, le 1 % de doute que j’avais s’est effacé devant les informations très détaillées qui s’associent aux miennes ».

En lettre capital il ajouta : « il est certain que Michael Rockefeller a été assassiné et mangé par les villageois d’Otsjanep ».

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Les autorités ont reçu ces rapports moins d’un mois après la disparition du jeune homme. Les fonctionnaires firent la sourde oreille. Il n’y avait pas assez de preuve selon eux pour en informer la presse ou Nelson Rockefeller. Ils gardèrent le silence.

En mars 1962, l’agence Associated Press (AP) reporta que Michael a été tué et mangé, en se basant sur la lettre qu’un troisième prêtre de la région d’Asmat avait écrit à ses parents.

Nelson Rockefeller contacta immédiatement l’ambassade néerlandaise aux Etats-Unis, qui contacta la Haye (ville siège du gouvernement des Pays-Bas).

Le premier ministre des affaires étrangères de l’époque, Joseph Luns, lui assura que ces rumeurs étaient fausses et qu’elles avaient été étudiées avec minutie.

Hoffman appris que la « minutieuse » enquête de la part des Pays-Bas venait en fait juste d’arriver. Les avaient envoyé un jeune officié de patrouille qui s’appelait Wim van de Waal à Otsjanep en 1962 dans le but d’apprendre la vérité. Le journaliste a rencontré l’homme de 73 ans chez lui à Tenerife (Espagne).

L’histoire de van de Wall différait légèrement de celle des prêtres.

Le militaire avait demandé des preuves de la mort de Michael Rockefeller aux villageois. Ils l’emmenèrent dans la forêt, creusèrent un trou dans la boue. Ils sortirent un crâne qui n’avait plus de mâchoires du bas, doté d’un trou au niveau de la tempe droite. Deux preuves, d’une victime des chasseurs de tête, le crâne était ouvert pour que le cerveau puisse être consommé.

Van de Waal remis le crâne aux autorités néerlandaises. Cela se passait en Juin 1962, à une période ou les Pays-Bas allaient perdre la moitié de la Nouvelle-Guinée au profit de l’indépendance de l’Indonésie. Van de Waal fut rappelé par ses supérieurs. « Jamais on ne m’a demandé d’écrire un rapport sur ce que j’ai appris à Otsjanep », raconte-t-il à Hoffman.

« Tout le monde à Asmat sait ». Toutes les histoires jusque là n’était que des « on dit ». Peut-être que les prêtres et l’officier s’étaient persuadés que les Asmats avaient tué et mangé Michael Rockefeller et que cela renforcé leur envie de les évangéliser et de les moderniser. Le journaliste avait des questions à poser aux villageois. Après tout, il n’avait visité Pirien et Otsjanep que deux fois. Hoffman rentra 7 mois aux Etats-Unis. Il apprit la langue locale et repartit en territoire Asmat. Il retrouva le chef du village qu’il avait croisé par le passé et qui répondait au nom de Kokai. Ce fut la première fois qu’il pu discuter directement avec lui sans avoir besoin d’un traducteur. Kokai l’invita a vivre un mois chez lui, dans une maison composé de 3 pièces, dépourvu de meuble.

Il devient un villageois à part entière. Il observait leurs rites, et discutait avec la tribu. Une nuit, il entendit une discussion entre Kokai et une autre personne.

« J’étais paralysé. J’étais persuadé que Kokai raconté l’histoire de Michael Rockefeller. Enfin ! Je ne voulais pas intervenir, lui dire de ralentir. J’étais terrifié à l’idée qu’il puisse se fermer comme une huitre. Kokai mima le tir d’une flèche. J’entendis le mot polisi, il parlait d’hélicoptères et de gens qui couraient se cacher dans la jungle ».

Le chef de tribu enchaîna sur l’histoire d’une épidémie de choléra qui fit rage à Asmat. Un an après la disparition de Michael, 70 hommes, femmes et enfants périrent de maladie. Les habitants allèrent jusqu’à violer leur tradition en brûlant les cadavres sous les conseils d’un prêtre. Un blasphème pour un peuple qui croit aux esprits. La malédiction devait être levée.

Hoffman passa le mois dans le village sans avoir la certitude si Michael Rockefeller avait bien était assassiné et dévoré. Il apprît que le dernier prêtre avait écrit après des années de visite aux villages qu’ « il avait la certitude que Michael Rockefeller avait rejoint le rivage en vie, mais que les habitants ne diraient jamais ce qui se passa après ».

Un jour avant son départ. L’aventurier assista au récit d’un Asmat du nom de Marco. Il racontait l’histoire d’un homme qui avait été transpercé par une lance, une scène de tir à l’arc, et sa décapitation. Il entendit les mots « Dombai » et « Otsjanep ». Il se mit à parler. Hoffman filma son allocution et la montra à son traducteur après avoir quitté le village. Ce qu’il avait filmé selon Amates était un strict avertissement sur ce qui arriverait si cela se reproduisait.

Après son monologue Marco aurait approché Hoffman et lui aurait dit ceci : « Ne raconte jamais cette histoire à un autre homme ou à un autre village, parce que cette histoire n’est qu’à nous. » Avant de poursuivre : «  Ne parle pas. Ne parle pas et ne raconte pas cette histoire. J’espère que tu t’en souviendras et que tu garderas ça entre nous. Tu dois garder ça entre nous. J’espère, j’espère, c’est pour toi et toi seulement. Ne dis rien à personne, pour toujours, que ça soit des gens ou un autre village. Si on te questionne, ne répond pas. Ne leur parle pas, parce que cette histoire est uniquement pour toi. Si tu le dis à quelqu’un, tu mourras. J’ai peur que tu meurs… Tu mourras et tes proches mourront, si tu racontes cette histoire. Garde cette histoire pour ta maison, pour toi, j’espère pour toujours. Toujours … ».

 

 

 

 

 

 

Une réponse à Michael Rockefeller a été tué et dévoré par des cannibales en Nouvelle-Guinée

  1. De 1968 à fin 1973 j’ ai vécu en Papuasie. Le cas de M. Rockefeller fut discuté plusieurs fois. Suivant de ce que j’ai entendu: « le catamaran de M. Rockefeller chavirait sur un rif et pour aller chercher de l’ aide il nagea à terre. Entrant un village ou justement se passait une cérémonie funéraire. Des indigènes en trance par la cérémonie auraient pris et tué Rockefeller pour le manger. » Vrai ou non, c’est ce que j’ ai entendu, racconté par un chasseur de crocodilles New Zealandais .

    Marcel Ries

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