Des scientifiques injectent délibérément la grippe à des volontaires au nom de la science

A 60 kilomètres de Washington, dans la ville de Bethesda (Maryland) réputée pour ses nombreux site de recherche médicale, certains scientifiques transmettent délibérément le virus de la grippe à des douzaines de volontaires par injection nasale.

Cela peut sembler étrange, les recherches atypiques et particulières qui y sont menées représentent une étape dans la conception de vaccin contre la grippe plus performant. La manière dont le système immunitaire repousse la grippe reste un mystère.

« Les vaccins fonctionnent, mais on peut mieux faire » résume le docteur Matthew Memoli de l’Institut National de la Santé (NIH). Il dirige l’équipe qui va infecter plus d’une centaine de personnes l’an prochain.

La grippe est déjà un virus généralisé, on dénombre des épidémies chaque année alors pourquoi ne pas l’étudier sur les malades ? Les chercheurs répondent que cela ne leur permettrait pas de collecter des données sur les réactions du système immunitaire à chaque étape de la maladie, en commençant par la première exposition au virus.

L’expérience est dangereuse. La grippe tue 250 000 et 500 000 personnes dans le monde chaque année. En mesure de précaution, le docteur Memoli injecte une souche du virus qui génère des symptômes d’imperceptibles à modérés. Les volontaires doivent être en bonne santé et avoir moins de 50 ans.

Dans l’inquiétude d’une propagation du virus, les participants doivent rester 9 jours en quarantaine dans un quartier d’isolement spécifique au sein de l’Hôpital du NIH. Leur santé est surveillée de près. Ils ont interdiction d’être libéré avant que des tests nasaux prouvent qu’ils ne sont plus contagieux.

En compensation de ses 9 jours aux services au service de la recherche, les volontaires perçoivent 3000 dollars US.

« J’ai reçu un véritable e mail de réprimande de la part de ma mère » au moment de signer raconte Daniel Bennett, 26 ans, avec un large sourire.

« Leurs normes sont si élevé, je ne pense pas être en danger » ajoute le jeune homme, serveur dans un restaurant de College Park. «  Je ne suis pas souvent malade ».

Le docteur Memoli équipé d’un masque et de gants fait s’allonger Bennett environ une minute.

« Çà va avoir un goût de sel. Une partie va descendre au fond de votre gorge » prévient le docteur, avant de presser une seringue remplit de millions de particules microscopiques du virus, dans de l’eau salé, s’écoulant dans chaque narine.

Quelques jours plus tard, Bennett à la toux, le mal de tête et les courbatures typiques de la grippe.

La meilleure défense contre le virus est un vaccin annuel. Il est loin d’être parfait. Dans les faits, le vaccin est moins efficace pour les personnes 65 ans et plus. La catégorie d’âge la plus sensible à la grippe. Le système immunitaire semble s’affaiblir avec l’âge.

Comprendre comment un corps adulte plus jeune combat la grippe pourrait aider les scientifiques à déterminer ce dont les personnes âgées les plus vulnérables ont besoin. Des indices qui permettraient de développer des vaccins plus efficaces pour tout le monde, explique le docteur Memoli.

Crédit photo : Daniel Paquet

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