L’Iran fait des claquettes diplomatiques

La diplomatie est un art qui n’est pas à la portée du premier venu. C’est encore plus difficile quand on doit représenter les intérêts d’un pays comme l’Iran. La tâche du ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif n’est pas facile et le jeu de séduction ne résiste pas longtemps à l’analyse des faits. Dans ces conditions, il n’est pas certain que le ministre ait réussi à enfumer la France lors de ses deux jours passés dans la capitale.

Arrivé mardi 5 novembre à Paris, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, avait une mission bien difficile entre les mains. Convaincre la France de cesser la politique de sanction qui pèse très lourd sur la santé économique de son pays. Zarif n’est pas venu en terrain complètement miné car si Paris est considéré par le régime iranien comme un de ses interlocuteurs les plus difficiles à manœuvrer, une ouverture a déjà été établie avec la rencontre entre François Hollande et Hassan Rohani au siège new-yorkais de l’ONU en septembre dernier.

Le président iranien Hassan Rohani avait essayé de déminer un terrain bien dangereux lors de son passage à l’ONU. Rencontre d’une heure avec François Hollande, entretien téléphonique avec Barack Obama (une première depuis l’instauration de la République islamique d’Iran en 1979), des pas importants avaient été effectués. Mais dans le fond, rien n’a changé. Le pays reste dirigé par le Guide suprême Khamenei, les fondamentaux du régime restent les mêmes et il n’est nullement question de renoncer au nucléaire.

Des négociations de Genève dans le dur

Peu d’informations ont fuité des premiers jours de travail entre l’Iran et le groupe des 5+1 composé de la Chine, des Etats-Unis, de la France, du Royaume-Uni, de la Russie et de l’Allemagne (seul pays non membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU) même si les Etats-Unis ont laissé entrevoir une petite ouverture par l’intermédiaire de leur négociatrice Wendy Sherman qui a affirmé que son pays était prêt à proposer « une levée des sanctions très limitée, temporaire et réversible », tout en insistant sur « l’architecture fondamentale des sanctions bancaires et pétrolières, dont nous aurons besoin pour un accord global ».

Un signe peut-être encourageant qui ne suffit pas à calmer les inquiétudes du côté iranien. La visite de Mohammad Javad Zarif à Paris a donc constitué une étape importante dans la normalisation des relations entre l’Iran et l’Occident et dans l’optique de déblocage du dossier nucléaire. Pourtant, il n’est pas certain, au regard des déclarations du porte-parole du Quai d’Orsay, que la mission parisienne du ministre iranien ait été couronnée de succès : « L’Iran doit répondre de manière concrète et vérifiable aux préoccupations de la communauté internationale et le temps de la négociation n’est pas illimité ».

Le problème est que lors des négociations précédentes, l’Iran n’a jamais donné de gages sérieux à ses interlocuteurs et le président iranien, en charge des négociations sur le nucléaire pendant de longues années s’est même félicité d’avoir dupé les Occidentaux. Pas étonnant de voir les capitales européennes et Paris en tête se montrer très mesurées sur la question d’une éventuelle levée des sanctions. Reste que les observateurs se montrent très méfiants et savent que derrière les mots susurrés par l’Iran, prend place une réalité bien peu reluisante.

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