Quand l’Ukraine essaie de s’éloigner de la Russie

Après l’annonce de la signature d’un Accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne en novembre prochain lors du sommet de Vilnius, le gouvernement ukrainien confirme son désir de s’éloigner de la Russie en reconsidérant le contrat gazier qui lie les deux pays. Mais la Russie ne l’entend apparemment pas de cette oreille.

« Les prix actuels nous poussent à réduire nos importations. A l’avenir, nous pourrons renoncer à acheter du gaz à de tel prix, et ce ne sont pas des paroles en l’air ». Le Premier ministre ukrainien, Nikolaï Azarov, semble sur la même lignée que son président, Viktor Ianoukovitch. La Russie n’est et ne sera plus le principal allié de l’Ukraine. Le pays se dirige vers l’Union européenne et rien ne semble pouvoir l’arrêter.

En novembre prochain, l’Ukraine pourrait effectivement signer un Accord d’association avec l’Union européenne. Un rapprochement qui ne plait guère à la Russie, non désireuse de voir s’éloigner un de ses anciens vassaux. Poutine a d’ailleurs récemment interdit les importations de confiseries d’une des plus grandes entreprises ukrainiennes. Un avertissement du géant russe qui ne semble pas faire peur à l’Ukraine.

En mars dernier déjà, le président Ianoukovitch affirmait que le « prix du gaz constitue un terrible problème (…) non seulement pour les usines métallurgiques, mais aussi pour tout le pays ». Il a ensuite qualifié d’ « humiliantes » les conditions proposées par la Russie lors des négociations.

La Commission européenne, par le biais d’Elmar Brok, président de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, se place du côté de la liberté de choix, précisant que « l’avenir de l’Ukraine, qu’elle choisisse de s’allier à la Russie ou à l’UE dans ses relations commerciales et politiques, devrait être décidé à Kiev, et non à Moscou ».Un choix d’ores et déjà fait par le gouvernement ukrainien.

Seule ombre au tableau pour le pays : les conditions posées par la Commission européenne pour la signature de l’Accord d’association. L’Ukraine n’est pas connue pour sa pluralité politique ou la qualité de sa justice. Le président Ianoukovitch tient tout de même à rassurer ses citoyens, affirmant que ces conditions « seront remplies » au moment du sommet de Vilnius.

Le pays a en effet connu plusieurs mutations depuis quelques mois. Les réformes pour améliorer les conditions de vie de la population et lutter contre la corruption se multiplient. Le Gouvernement rencontrent les différents partis politiques du pays et des négociations semblent entamées. Tous les acteurs politiques du pays s’accordent en faveur d’un rapprochement avec l’Union européenne, au point qu’ « aujourd’hui, (Ianoukovitch) ne voit aucun obstacle pour signer (l’Accord d’association) » a-t-il précisé en septembre dernier.

La Russie va apparemment devoir accepter de dire adieu à son ancienne alliée, l’Ukraine. Chose qu’elle ne semble pour le moment pas vouloir faire dignement. « Les mesures de rétorsion russes », comme les appelle l’analyste politique Volodymyr Fesenko, ne trompent personne et donnent d’autant plus envie de voir un rapprochement s’opérer en l’Ukraine et l’UE.

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