Plan THD : le Gouvernement va-t-il atteindre ses objectifs ?

Pour respecter son engagement d’une France Très Haut Débit d’ici 2022, le Gouvernement est dans les starting-blocks. Mais sur la voie du déploiement depuis moins d’un an, il rencontre déjà des obstacles qui compromettent le bon déroulement du calendrier.

L’objectif gouvernemental est très clair : le Très Haut Débit partout et pour tous en 2022. Pour l’atteindre, le Gouvernement entend s’appuyer d’une part sur la technologie FttH (Fiber To The Home), complétée par des technologies alternatives, d’autre part sur la complémentarité entre opérateurs privés et acteurs publics pour les zones les moins denses.

La fibre optique a été choisie parce que contrairement à l’ADSL, elle ne souffre d’aucune réduction de débit en fonction de la localisation de l’abonné. L’ADSL à l’inconvénient de la distance entre le foyer de l’abonné et le central téléphonique alors que la fibre est directement raccordée au foyer ou à l’immeuble. Il n’exclut pas les technologies d’appoint telles que l’ADSL, ou sa version améliorée, le VDSL, mais ceci uniquement afin de maximiser ses chances de respecter le calendrier.

En outre, l’État met à disposition des collectivités territoriales des fonds qui contribueront pour la moitié du besoin d’accompagnement public des projets de déploiement en dehors des zones couvertes par les opérateurs. C’est dans ce contexte qu’est née en décembre 2012 la fédération des industriels des réseaux d’initiative publique (FIRIP), dédiée à « la construction, l’exploitation, et la commercialisation d’infrastructures indispensables au déploiement sur l’ensemble du territoire du très haut débit ».

Mais les opérateurs ne se plient pas avec la bonne volonté souhaitée aux partenariats voulus par le Gouvernement. Début juillet, les dirigeants d’Orange ont annoncé vouloir équiper 5 000 centraux téléphoniques en VDSL lors d’une réunion à Bercy en présence de l’ARCEP, d’opérateurs et d’élus locaux. Une nouvelle qui inquiète, car elle risque de nuire aux objectifs initiaux.

Olivier Henrard, secrétaire général de SFR estime que « les déploiements VDSL2 vont avoir nécessairement un impact sur le déploiement de la fibre optique, car ils créent une confusion sur les messages commerciaux dans l’esprit à la fois des abonnés potentiels et des investisseurs : il faut donc les limiter au maximum, sans quoi le modèle économique de la fibre sera plombé ».

Or pour le moment, la France n’est pas tellement en avance. Akamai Technology, fournisseur de serveurs de cache pour les entreprises, a publié un classement du débit moyen dans les pays du monde. La France est loin d’exceller puisqu’elle écope de la 38e place, très loin derrière le top 3 qui est constitué de Hong Kong, le Japon et la Roumanie. Elle est classée 35e pour le très haut débit.

Ce genre de compromis est fort malvenu à l’heure où les entreprises ont besoin de booster leur compétitivité et où le Très Haut Débit est nécessaire aux nouveaux usages qui sont faits d’Internet.

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