Outre-mer : les aliments industriels sont plus sucrés qu’en France

Mercredi 27 mars, un projet de loi a été déposé à l’Assemblée Nationale afin de réduire la quantité de sucre dans les produits laitiers et les sodas, beaucoup plus élevé en outre-mer. Ce projet vise également à un encadrement plus strict des dates de péremption.

Cette proposition de loi socialiste doit mettre fin à une situation étonnante. Dans les DOM-TOM, certains yaourts ont des dates de péremption deux fois plus longues qu’en métropole. Et des aliments, pourtant vendus sous la même étiquette que leurs homologues français, contiennent beaucoup plus de sucres ajoutés.

« 25% des enfants et adolescents et plus d’un adulte sur deux sont touchés par des problèmes de surcharge pondérale », rappelle ce projet de loi.

C’est un médecin guadeloupéen, André Atallah, qui a découvert la supercherie. Le goût de certains aliments lui paraissant trop sucré, il a effectué ses propres analyses. Et le résultat est édifiant.

Par exemple, le Fanta orange distribué aux Antilles contient 42% de plus de sucre que le même soda vendu en France. Les yaourts aromatisés à la vanille sont également 22% plus sucrés en Martinique que dans l’Hexagone. Et le yaourt « nature » est même sucré dans les îles.

« Aucune justification objective n’est donnée par les industriels », écrit la députée socialiste, Hélène Vainqueur-Christophe, dans l’exposé des motifs de sa proposition de loi.

La Fédération des entreprises d’outre-mer (Fedom), qui représente l’ensemble des entrepreneurs ultra-marins, avance tout de même un début d’explication : « Il n’y a pas de production de lait dans les départements d’outre-mer, donc les fabricants locaux de laitage importent du lait en poudre naturellement plus riche en lactose et donc en sucre», explique Samia Badat-Karam, membre de la Fedom.

Pour les sodas, les formules de fabrication varient selon les zones géographiques. Ainsi, le coca-cola américain n’a pas le même goût que le coca-cola français ni de celui Antillais. Cela dépendrait donc de la recette délivrée par la maison mère.

Le texte évoque aussi des différences entre les dates limites de consommation. En métropole, la date de péremption est fixée 30 jours après la fabrication indiquée sur l’emballage, contre 55 voire 60 jours dans les DOM-TOM.

La loi s’appliquera dans les départements d’outre-mer (Guyane, Guadeloupe, Martinique, La Réunion, Mayotte), ainsi que dans les collectivités de Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon.

« C’est un vrai problème de santé publique avec l’obésité et toutes les pathologies associées, et un vrai souci d’inégalité entre consommateurs » souligne Hélène Vainqueur-Christophe.

 

 

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