Sortie du nucléaire : l’Europe divisée, l’Allemagne esseulée

Si l’Europe économique et politique a montré ses limites depuis le début de la crise, que dire de l’Europe nucléaire, pourtant à l’origine de la construction communautaire ? L’accident de Fukushima a fait exploser ce qu’il restait de cohérence sur ce sujet entre une Allemagne qui a fait le choix de la sortie et la majorité des autres pays qui confirment leur choix nucléaire.

L’annonce en juin par Angela Merkel de la fermeture progressive des centrales nucléaires allemandes d’ici 2021 était apparue comme un signal fort du rejet de l’atome après l’accident de Fukushima. Nombreux étaient les analystes à prédire un mouvement généralisé de retrait à travers le continent européen… et au-delà dans le monde.

Mais les sujets de discorde sont plus nombreuses que les sujets d’accord au sein de l’Union européenne… L’autre puissance-phare de l’UE, la France, a immédiatement pris (sans grande surprise) le contre-pied de ses voisins outre-rhin, fustigeant au passage et à mots à peine couverts le manque de coordination de la décision allemande et sa portée essentiellement électoraliste.

Les deux premières puissances européennes opposées, qui pour arbitrer la question de l’avenir de l’atome ? La Finlande tout d’abord qui n’a jamais semblé ébranlé par l’accident japonais et n’a jamais remis en cause son programme de développement du nucléaire, en particulier la construction de l’EPR d’Olkiluoto, fabriqué par les français d’Areva.

Mais la Finlande ne pèse pas lourd dans le mix énergétique européen et c’est surtout la décision anglaise qui a recentré le curseur nucléaire de l’UE. Sur proposition du gouvernement, le Parlement britannique a choisi, par une large majorité, non seulement de poursuivre son programme nucléaire mais de lancer la construction de nouvelles centrales.

Un choix pragmatique dans un pays qui voit les ressources en pétrole de la mer du Nord se raréfier et qui ne dispose plus de ressources fossiles nationales pour assurer son indépendance énergétique. Un choix qui isole surtout l’Allemagne, seul pays de l’Union (hors UE, la Suisse a également annoncé un retrait progressif) à avoir abandonné l’atome.

Une situation qui illustre aussi le chemin qui reste à parcourir à l’UE pour harmoniser ses politiques énergétiques, cap indispensable pour atteindre des objectifs communs et parvenir à une harmonisation globale de nos économies…

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