Le gouvernement japonais veut relancer les centrales

 

La pénurie d’électricité signalée par le gouvernement pour Tokyo motive le lancement de tests sur l’ensemble des centrales nucléaires. Une décision prise alors que la méfiance est vive vis-à-vis du nucléaire de la part de la population japonaise et que les élus locaux sont rétifs au redémarrage des centrales.

Le ministre de l’Economie, Banri Kaieda en a fait l’annonce mercredi 6 juillet: afin de vérifier la sureté des centrales nucléaires suite aux événements de Fukushima, le Japon s’apprête à lancer des « tests de résistance » sur l’ensemble de ses centrales nucléaires. les réacteurs japonais avaient déjà fait l’objet d’un test de sécurité suite à la catastrophe mais ces nouvelles vérifications « permettront de rassurer davantage la population« , a souligné le ministre de l’Economie.

Le tsunami et les fuites radioactives de la centrale de centrale Fukushima Daiichi ont provoqué de vives préoccupations dans les différentes régions du Japon hébergeant des centrales. Pour le moment, aucun des réacteurs arrêté pour maintenance depuis l’accident n’a été été redémarré, ce qui a considérablement diminué la production d’électricité des compagnies nippones.

Pour convaincre le maire d’autoriser la relance des deux réacteurs suspendus, le ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (Meti) s’est rendu en personne fin juin à Genkai, sur l’île de Kyushu.  Le maire a accepté et c’est le premier à le faire depuis l’accident de Fukushima. Ailleurs, les responsables locaux restent hésitants.

La décision possède des enjeux économiques importants. Le ministre de l’Economie a souligné le fait qu’un déficit d’approvisionnement prolongé en électricité aurait pour conséquence d’entraver les efforts de reconstruction du Tohoku, dévasté par un séisme de magnitude 9 et par un tsunami qui ont fait près de 23.000 morts et disparus.

Avant cette catastrophe, l’énergie nucléaire représentait près de 30% de la production de courant au Japon. Aujourd’hui, seuls 19 réacteurs sont exploités sur 54, les uns ayant été arrêtés après un séisme, d’autres pour maintenance alors que trois unités, situées à Hamaoka dans une zone à forte activité sismique, ont été stoppées sur ordre du Premier ministre, qui a exigé des travaux de consolidation de la compagnie exploitante avant tout redémarrage.

Face à la baisse de production, les autorités demandé aux entreprises et aux administrations de réduire de 15% leur utilisation d’électricité dans les régions de la mégapole de Tokyo et du Tohoku, dans le but d’empêcher que les tensions sur le réseau n’entraînent des coupures, voire un black-out total. Cet ordre vaut pour tout l’été, une période connaissant des pics de consommation dus au fonctionnement des climatiseurs.

Dans le reste du pays, des économies d’énergie ont été simplement conseillées.

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